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Style Néo-Gothique / Ref.10928

Jean-François-Théodore GECHTER (1795–1844 ) & Nicolas-Germain CHARPENTIER (1807–1864), Ensemble comprenant un lustre et une paire d’appliques aux porte-étendards et trophées

Dimensions

Hauteur 132cm
diameter: 100cm

Époque et provenance:
France, XIXe siècle

Jean-François-Théodore GECHTER (1795–1844)

Nicolas-Germain CHARPENTIER (1807–1864)

Ensemble comprenant un lustre et une paire d’appliques aux porte-étendards et trophées


Cet exceptionnel lustre à trente-six bras de lumières fut réalisé durant la seconde moitié du XIXe siècle en bronze doré. Œuvre d’une grande originalité, il illustre la tendance du style troubadour qui marque la production artistique du XIXe siècle. Trop souvent assimilé au style néo-gothique, le troubadour est né au XVIIIe siècle et ne se limite pas à la redécouverte du Moyen Âge. Il mêle diverses tendances artistiques issues du passé et prône un style national tout en cédant à de nombreuses influences étrangères, anglaises et espagnoles notamment.

Mêlant les styles et les époques, peu soucieux de l’exactitude stylistique et chronologique, le genre troubadour désigna d’abord un style de peinture avant de s’étendre aux autres domaines artistiques et notamment aux arts décoratifs. Il célèbre les grands moments et personnages historiques mais englobe également des œuvres dites « de genre anecdotique » qui, à l’inverse des tableaux d’histoire représentant les grandes actions historiques, décrivent la vie privée et sentimentale de personnages issus aussi bien du Moyen Âge que de la Renaissance.

Souvent perçu comme une réaction au style néo-classique ainsi qu’au style Empire, le style troubadour participa de la première forme de romantisme, refus de l’anarchie révolutionnaire. Le romantisme donne notamment naissance à un nouveau genre romanesque : le roman historique, dont Walter Scott est souvent perçu comme le chef de file. L’apogée de ce genre nouveau se situe en France entre 1815 et 1830, au moment de la Restauration. Les artistes s’inspirent de ces tendances, s’intéressant à l’exaltation des passions, à l’esprit chevaleresque, aux grands personnages historiques ainsi qu’à tout un imaginaire médiéval merveilleux constitué d’animaux fantastiques, d’ésotérisme et de sorcellerie.

Notre lustre représente trois porte-étendards en armure, tenant d’une main une oriflamme tandis que l’autre est posée sur le pommeau de l’épée qu’ils portent à la ceinture. Leurs étendards sont ornés de symboles héraldiques et notamment d’un blason portant une croix chrétienne évoquant les croisades ainsi que de cavaliers en armure armés de lance, l’artiste souhaitant sans doute faire allusion aux joutes médiévales.

Les détails des armures de nos trois personnages, et notamment les cottes de maille, sont prétexte à une belle démonstration de maîtrise et de dextérité de la part du sculpteur tandis que leur visage affiche un air vindicatif, travail des expressions humaines trahissant ses influences romantiques.

Les thèmes de la guerre et de la victoire sont exploités sous différentes formes par l’artiste : outre les soldats, des pièces d’armure ornent différentes parties du lustre et notamment la partie inférieure, recouverte par des plastrons finement ciselés et des heaumes à l’allure menaçante. D’étranges casques à tête de lion décorent quant à eux les bras de lumière les plus haut placés tandis que des boucliers protègent différentes parties du lustre.

De nombreuses armes recouvrent ce dernier : les porte-étendards encerclent de longues haches de guerre aux lames finement ciselées dont l’extrémité est identique à celle des lances qui les entourent ; d’autres épieux, plus courts, sont regroupés au centre du lustre et semblent maintenus par des liens en tissu sculptés avec adresse. De plus petites haches de guerre sont également disposées entre les bras de lumière ainsi que des épées dans leurs fourreaux richement ornés et dont le pommeau représente une tête de lion.

Enfin, des fléaux d’armes sans leur manche apportent à la fois légèreté, équilibre et densité au lustre par un jeu de chaînettes savamment disposées. Une imposante boule plantée de pics camoufle l’ouverture séparant les plastrons de la partie inférieure dans lesquels s’entremêlent diverses armes qui rejaillissent çà et là.

Les thèmes de la guerre et du triomphe sont également évoqués par des éléments plus symboliques tels que des oliphants (cors de guerre et de chasse) stylisés, des flambeaux, les étendards évoqués précédemment ou encore les nombreux rameaux d’olivier dits « fruités », symbole de sagesse, de gloire et de victoire. Les trois hommes en armure sont, quant à eux, fièrement dressés sur un chapiteau orné d’oves, d’une frise grecque et de volutes architecturées. Le bestiaire médiéval est évoqué par des têtes de griffons retenant dans leur bec des anneaux auxquels sont suspendues les chaînettes.

Une paire d’appliques sur le même thème accompagne notre lustre. L’ensemble de ces pièces est à rapprocher d’une garniture de cheminée conservée au Musée du Louvre. Fondue par Nicolas-Germain Charpentier d’après le modèle de Gechter, elle représente le Combat de Charles Martel et d’Abdérame, roi des Sarrasins, présenté au Salon de 1833.

Différents éléments stylistiques des candélabres de cette garniture sont identifiables sur notre lustre : les guerriers sont tout à fait similaires et les bras de lumière sont ornés des mêmes boucliers, présentent les mêmes branches mais sont surmontés d’une hache, élément que l’on retrouve sur notre lustre mais pas au même emplacement, celui-ci étant réservé à un bras de lumière supplémentaire.


Jean-François-Théodore GECHTER (1795-1844)

Né à Paris en 1795, Théodore Gechter effectue son apprentissage à l’École des Beaux-Arts où il a pour maîtres François-Joseph Bosio, sculpteur, et le peintre Antoine-Jean Gros. À l’instar de Barye, il fréquente leurs ateliers puis, vers 1820, se spécialise dans la sculpture ; il expose régulièrement au Salon de 1824 à 1840.

Sa première commande publique est celle de la fonte du groupe de Charles Martel. En 1834, il récolte une médaille de deuxième classe grâce au groupe de la Bataille d’Aboukir. Au Salon de 1835, il expose une statue de la Madeleine méditant sur les saintes écritures qu'il réalisera ensuite en marbre pour l'église de La Madeleine. Il participe également aux travaux de l'Arc de Triomphe où il exécute un bas-relief représentant la Bataille d’Austerlitz. À la suite de cette commande, on lui décerne la Légion d’Honneur le 2 avril 1837.

On lui doit également les deux statues du Rhin et du Rhône pour la fontaine Nord de la place de la Concorde réalisée en 1839. La même année, afin de répondre à une commande royale, il réalise une grande statue en marbre de Louis-Philippe en costume de sacre, destinée à la salle du Conseil d’État au palais du quai d'Orsay, puis placée à la Chambre des Pairs au palais du Luxembourg. Cette sculpture est aujourd’hui exposée au Château de Versailles ; le musée des Arts Décoratifs de Paris conserve quant à lui une version en bronze de cette œuvre. Gechter exécuta également, en 1840, une statue de saint Jean Chrysostome placée sous la colonnade de La Madeleine.

Le sculpteur réalise de nombreux petits groupes en bronze où l'on note sa prédilection pour les combats entre cavaliers, saisis dans des mouvements fougueux, comme dans le groupe de Jeanne d’Arc. Gechter affectionnait particulièrement ce type de composition mouvementée où un cavalier cherche à en terrasser un autre, désarçonné. Ces combats sont prétextes à des études de chevaux, de mouvements et de contorsions chers aux artistes romantiques. La figuration de l'acmé du combat est également caractéristique des sculpteurs de ce mouvement et notamment de l'art de Gechter.

Ce dernier semble avoir peu vendu ses modèles à des maisons d’édition. À partir de 1841, il apparaît dans l'Annuaire du Commerce en tant que bronzier et fondeur-statuaire. Il aurait donc lui-même fabriqué et signé les moules nécessaires à la fonte au sable de ses propres éditions. Il semble qu’il ait organisé seul la fonte et la vente de ses modèles en les déposant dans des galeries de Paris, Londres, Berlin ou Dresde. Les statuettes d'édition lui ont ainsi permis de diffuser son art. Ces sculptures réduites aux dimensions d'un objet de décoration intérieure sont tout à fait typiques de la Monarchie de Juillet.


Bibliographie

  • Stanislas Lami, Dictionnaire des Sculpteurs de l'École Française au XIXème Siècle, 3 vol., Paris, 1919.
  • The Romantics to Rodin, French Nineteenth-Century Sculpture from North American Collection, Los Angeles County Museum of Art, 1980.

Note : Nicolas-Germain Charpentier, d’après Jean-François-Théodore Gechter, garniture de cheminée, vers 1849 (Paris), bronze argenté et doré, 76 x 55 x 32,20 cm, Paris, Musée du Louvre (OA 11337, OA 11338 et OA 11339).

Prix: sur demande

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