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Pierre BRAECKE, poignée de style Art Nouveau portant l’inscription « L. Solvay », 1901

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Pierre BRAECKE, poignée de style Art Nouveau portant l’inscription « L. Solvay », 1901

Cette poignée portant l’inscription « L. Solvay » provient de la maison de Lucien Solvay (1851-1950), journaliste, historien de l’art et poète, ainsi que membre de la famille Solvay, l’un des plus grands mécènes de l’Art Nouveau. Cette maison fut construite en 1901 par l’architecte Georges Hobé au numéro 76 de la rue Gachard à Ixelles (Bruxelles). Pour l’exécution de cette poignée, qui ornait la porte d’entrée de la maison de Lucien Solvay, Hobé fit appel au sculpteur Pieter Braecke (1858-1938). Cette œuvre est à la fois fonctionnelle et très décorative. Sa base, ornée d’une plume rappelant les activités littéraires du commanditaire, porte également l’inscription qui donne son nom. Le décrochement de la poignée est formé par le corps d’une femme dessinant un arc ; un drap souligne sa courbe. Pieter Braecke fut l’un des amis les plus fidèles de Victor Horta. Lorsque l’architecte construisit sa maison et son atelier en 1903, le sculpteur conçut lui-même les poignées des portes de l’édifice. Celles-ci reprennent l’idée de l’inscription du nom du propriétaire de la maison et on y retrouve le motif du drapé enveloppant la femme de la poignée Solvay, de manière stylisée. Le modelé du corps de la femme rappelle par ailleurs celui des statuettes de Braecke couronnant les buffets de la salle à manger créée par Victor Horta au numéro 22 de la Voorstraat, à Courtrai. Enfin, une poignée aux formes proches de celle de Lucien Solvay se trouve sur la porte d’entrée de la maison construite par l’architecte Ch. Sée en 1909 au numéro 51 de la rue Forestière, à Bruxelles. Comme chez Braecke, une sculpture féminine en relief forme la poignée. Sée s’inspira de Braecke, puisque la maison de la rue Forestière ne fut achevée que huit ans après la maison de Solvay. Lors de sa conception, l’imposante poignée de porte créée par Pieter Braecke pour Lucien Solvay avait à la fois un usage pratique et hautement décoratif. Aujourd’hui, elle conserve principalement son intérêt ornemental, qui fait d’elle un objet d’art à part entière. La délicatesse de la sculpture et la place accordée à la personnalité du commanditaire en font l’un des témoignages les plus intéressants à la fois de l’histoire de la commande de sa maison par Lucien Solvay et de l’art de Pieter Braecke.

Dimensions
Largeur : 16 cm
Hauteur: 35 cm
Profondeur : 7 cm

GUÉRET FRÈRES et CARRIER-BELLEUSE, Paire de porte-torchères « Pages », modèle de l’exposition universelle de 1867

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GUÉRET FRÈRES et CARRIER-BELLEUSE, Paire de porte-torchères « Pages », modèle de l’exposition universelle de 1867

Biographies de Guéret Frères et Albert-Ernest Carrier-Belleuse Les frères Denis-Désiré (1828-1891) et Onésime Guéret (1830-1916) fondent leur maison en 1853, s'imposant rapidement comme des maîtres de la sculpture sur bois et de l'ébénisterie d'art. Leur talent est régulièrement récompensé lors des Expositions universelles, notamment par une médaille de bronze en 1855 et une médaille d'argent en 1867. De riches commanditaires, tels que Napoléon III ou le duc d'Aumale, font appel à leur savoir-faire pour la création de mobilier fastueux. Albert-Ernest Carrier-Belleuse (1824-1887) est l'un des sculpteurs les plus prolifiques et les plus influents du Second Empire. Élève de David d’Angers, il dirigea notamment l'atelier de la manufacture de Sèvres. Sa collaboration avec les frères Guéret fut particulièrement féconde, donnant naissance à des pièces d'exception où la virtuosité de la sculpture s'allie à l'élégance du mobilier. Sa capacité à renouveler les formes décoratives a marqué durablement les arts appliqués français. Description de l'œuvre Cette paire de porte-torchères en noyer, intitulée « Pages », est une œuvre emblématique présentée par les frères Guéret lors de l'Exposition universelle de Paris en 1867. Plusieurs critiques d'art de l'époque ont salué l'excellence de ce modèle, soulignant la justesse de l'attitude des personnages et la qualité exceptionnelle de la sculpture sur bois. Chaque sculpture représente un jeune page vêtu à la mode de la Renaissance. Debout sur un socle circulaire, ils tiennent d'une main ferme une torche destinée à recevoir un luminaire. Le travail du noyer permet de rendre avec une grande précision les détails des costumes — pourpoints ajustés, chausses et chapeaux à plumes — ainsi que la souplesse des mouvements. Ces figures allient la grâce de la jeunesse à la noblesse de leur fonction décorative. Le réalisme des traits et le soin apporté à l'expression des visages témoignent de la main d'un maître sculpteur comme Carrier-Belleuse, capable de donner vie à la matière. Ce modèle connut un vif succès, illustrant parfaitement le goût pour les styles historiques et le luxe décoratif qui caractérisaient les grandes demeures de la fin du XIXe siècle.

Dimensions
Largeur : 55 cm
Hauteur: 174 cm
Profondeur : 28 cm