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(2 Objets)

Ma sélection (2 Objets)


Gustave VANAISE, Gamin au pigeon, 1884

Ref.15551
Gustave VANAISE, Gamin au pigeon, 1884

Ce tableau du peintre belge Gustave Vanaise a été présenté au Salon parisien de 1884 sous le numéro 2340 et le titre Gamin au pigeon. Cette composition est une allégorie de l’innocence : la nudité du jeune garçon est associée à la colombe et la Vierge à l’Enfant, symboles de pureté. Vanaise étudie à l’Académie royale des Beaux-Arts de Gand auprès de Théodore Canneel, puis à Bruxelles. Célèbre pour ses peintures d’histoire – Saint Liévin en Flandre (Gand MBA, inv. 1883-L), La Commémoration de Jacques d’Artevelde (Gand MBA, inv. 1900-F-1,2) – il peint également des scènes intimistes et des portraits. Vanaise participe régulièrement au Salon parisien entre 1879 et 1888. Sur un drap formant un fond lumineux se détache le corps du jeune garçon étendu sur une peau de bête tandis que son buste se projette sur un drapé ; un bouquet de roses séchées est placé entre lui et le bas-relief figurant une Vierge à l’Enfant. Ces symboles illustrent la tension entre innocence et réalité d’un monde brutal que l’enfant s’apprête à découvrir ; un équilibre précaire dont la chute est inévitable. Le traitement intimiste du sujet (drapé fermant la composition) et les parallèles bibliques entre Chute originelle, rose sine spina, et notre jeune garçon placent cette œuvre à la frontière entre allégorie et scène de genre. Le fond jaune évoque le fond d’or des mosaïques paléochrétiennes, ce qui donne une dimension intemporelle à l’image et renforçe la puissance allégorique du sujet. Dans un esprit similaire, Vanaise compose La Bacchante, conservée au musée des Beaux-Arts de Bruxelles.

Dimensions
Largeur : 178 cm
Hauteur: 129 cm
Profondeur : 14 cm

La Harangue de Marc Antoine, seconde moitié du XIXe siècle

Ref.13398
La Harangue de Marc Antoine, seconde moitié du XIXe siècle

Ce tableau représentant la harangue de Marc Antoine sur le corps de Jules César fut exécuté dans la seconde moitié du xixe siècle, après 1879. La scène de notre tableau se déroule dans les jours suivant l’assassinat de César, en 44 avant J.-C. Une vingtaine de sénateurs conjurés l’avaient alors frappé de leur arme. À la suite de l’évènement, Rome fut plongée dans le trouble. Tandis que le Sénat cherchait à préserver la paix, les funérailles de César, ici représentées, ajoutèrent au désordre public : si, dans un premier temps, le peuple sembla vouloir se rallier aux conjurés, l’exposition du corps sur la place publique, la harangue de Marc Antoine et la lecture du testament de l’ancien consul renversa la situation. C’est le moment ici représenté, qui est relaté par plusieurs auteurs du monde antique, notamment Suétone et Appien d’Alexandrie, relayés par Shakespeare. Le cadre architectural, imposant, est structuré par un immense escalier et de monumentales colonnes, témoignant à la fois de la puissance de l’Empire romain et de celle de César, qui s’était hissé à sa tête. Le lit funéraire en occupe une place centrale, accueillant un corps inanimé, pâle, mais digne. Le peuple en deuil, venu se lamenter sur la dépouille du grand homme, forme une grande diagonale se fondant dans l’ombre à l’arrière-plan, où elle semble se prolonger indéfiniment. La diversité des personnages, leur nombre, la variété de leurs gestes et de leurs expressions manifeste la présence du peuple romain tout entier, venu rendre hommage au consul. À droite, Marc Antoine brandit la toge ensanglantée de l’ancien consul. La scène semble tirée de la tragédie de Shakespeare, dans laquelle Marc Antoine descend de sa tribune et invite le peuple à se retrouver autour de César pour procéder à la lecture de son testament. Suétone décrit quant à lui son bûcher élevé sur le Champ de Mars : il est étendu sur un « lit d’ivoire couvert de pourpre et d’or » avec, à proximité, le « vêtement qu’il avait lorsqu’il fut tué ». Le peintre s’appliqua en outre à décrire le « défilé de tous ceux qui voulaient apporter des offrandes ». C’est Appien d’Alexandrie qui mentionne Pison, exécuteur testamentaire de César, qui insista pour rendre la lecture de son testament et ses funérailles publiques. Pison pourrait être l’homme descendant les marches en haut à droite, un rouleau de parchemin à la main. Chez Appien, après que le corps fût porté sur le forum, Marc Antoine fit une lecture animée de ses décrets, puis, laissant libre cours à sa douleur, « découvrit le corps de César, il agita sa robe […], qui était déchirée par les coups de poignard qu’il avait reçus, et encore toute sanglante ». Quoique partisan du pathétique, le peintre ne représenta pas le visage de César défiguré par les blessures, comme il le fût selon le récit de Plutarque. Outre l’architecture et la volonté de respecter des textes, le goût pour l’historicisme de l’artiste transparaît dans l’ajout de brûle-parfums ainsi que dans le rendu des vêtements. D’après les sources antiques, le tumulte provoqué par les funérailles est tel, qu’il aboutit à la formation d’un bûcher spontané, le peuple ne pouvant se mettre d’accord sur un autre emplacement et le risque d’incendie étant plus limité sur le forum. Le peuple voulut ensuite venger César en incendiant les maisons des conjurés. Le moment représenté est ainsi un moment de bascule, entre approbation des meurtriers et deuil, et entre deuil et vengeance, un sommet de tension et d’expressivité. Le célèbre peintre d’histoire allemand Karl von Piloty exécuta un Assassinat de Jules César qui pourrait constituer le préliminaire de notre œuvre. Quoique moins célèbre que celui de l’assassinat de Jules César, le sujet de la harangue de Marc Antoine connut un regain d’intérêt au xixe siècle. Ainsi, Georg Edward Robertson (1864-1926) donna vers 1894-1895 une Oraison funèbre de Marc Antoine sur le corps de César conservée dans les collections des musées d’Hartlepool dont la composition reprend les mêmes éléments que notre toile : le cadre architectural imposant évoquant la Rome antique ; la foule endeuillée ; le corps étendu devant tous ; Marc Antoine, enfin, plaidant en faveur de César et de son camp, contre celui des tyrannicides. Cette œuvre magistrale représente ainsi un sujet plus méconnu que celui de l’assassinat de César, mais tout aussi fécond en matière d’expressivité et de volonté de représenter l’histoire, s’inscrivant profondément dans le siècle qui est le sien.

Dimensions
Largeur : 227 cm
Hauteur: 161 cm