Emmanuel Frémiet (1824-1910)
Télécharger en PDFEmmanuel Frémiet, né à Paris le 6 décembre 1824 et mort à Paris le 10 septembre 1910, est l'un des grands sculpteurs animaliers du XIXe siècle. Neveu et élève de François Rude, il s'impose à la fois par ses bronzes d'animaux, observés avec une précision quasi scientifique, et par des monuments équestres célèbres, dont la Jeanne d'Arc de la place des Pyramides à Paris.
Une formation hors de l'École des beaux-arts
Frémiet ne suit pas l'enseignement de l'École des beaux-arts. Il se forme à la Petite École, l'école spéciale de dessin, puis dans l'atelier de son oncle Rude, auprès de sa tante, la sculptrice Sophie Frémiet. Avant de se consacrer à la sculpture, il travaille comme mouleur à l'École de médecine, une expérience qui nourrit son goût pour l'anatomie. Il expose au Salon dès 1843 et y reste présent jusqu'en 1908.
Les débuts : des animaux sur le vif
Son Marabout tenant un caïman dans ses pattes (1850), modèle commandé en 1849 et présenté au Salon de 1850, est sa première commande : quatre groupes en bronze devaient soutenir une table de porphyre au musée égyptien du Louvre. Spécialiste de l'animal domestique, observé dans la vie quotidienne, il est remarqué par la critique, notamment par Baudelaire, et reconnu pour ses études de chevaux. Le musée de Dijon et le musée d'Orsay conservent plusieurs de ces premiers modèles.
Gorilles, chevaux et monuments
Frémiet renouvelle le répertoire animalier en l'ouvrant aux fauves et aux singes : son Rétiaire et gorille (vers 1859), conservé à Orsay, annonce le célèbre groupe du gorille enlevant une femme, qui lui vaut une médaille d'honneur au Salon de 1887. Il réalise ensuite de grands monuments : les statues équestres de Napoléon Ier et de Louis d'Orléans (château de Pierrefonds), la Jeanne d'Arc dorée de la place des Pyramides (modèle de 1874, répliques à l'étranger), un Velázquez à cheval pour le jardin de l'Infante au Louvre, et le Saint Michel qui domine l'église du même nom. Le musée d'Orsay conserve une réduction en plâtre de son premier modèle de Jeanne d'Arc, datée entre 1872 et 1874.
Une carrière officielle
Frémiet succède à Barye comme professeur au Muséum d'histoire naturelle. Il est nommé officier de la Légion d'honneur en 1878 et élu à l'Académie des beaux-arts en 1892. La Royal Academy de Londres l'élit membre honoraire en 1904. Il est aussi le beau-père du compositeur Gabriel Fauré.
Frémiet et le bronze d'édition
Ses modèles, notamment les animaux et les cavaliers, sont repris en réductions de bronze par les fondeurs parisiens de son temps, dont Barbedienne. Ces éditions, signées « Frémiet », ont contribué à diffuser son œuvre bien au-delà des monuments publics.
À voir également : Antoine-Louis Barye — Christophe Fratin — Ferdinand Barbedienne — Bronze doré
Voir nos sculptures du XIXe siècle
Bibliographie
Institutional sources
Musée d'Orsay, Paris, catalogue of artists and personalities, "Emmanuel Fremiet (1824-1910)"; works: Retiarius and Gorilla (about 1859), Joan of Arc on Horseback (plaster reduction of the first model, 1872-1874, RF 3437), St George Fighting the Dragon (about 1891), Pan and Bear Cubs.
Bibliothèque nationale de France, person record "Frémiet, Emmanuel (1824-1910)" (dates and places of birth and death).
Joconde database (POP, French Ministry of Culture), record for Marabout Holding a Caiman in its Claws, 1850, Musée des beaux-arts de Dijon, inv. 2008-5-1.
Encyclopædia Universalis, entry "Frémiet Emmanuel (1824-1910)".
Royal Academy of Arts, London, entry "Emmanuel Frémiet Hon RA (1824-1910)" (elected honorary member on 27 January 1904).
National Gallery of Art, Washington, entry "Emmanuel Frémiet" (Two Seated Basset Hounds, model of 1853).
Catherine Chevillot, exhibition catalogue Emmanuel Frémiet, 1988 (cited by the Musée d'Orsay record).
Online resources
"Emmanuel Frémiet", Wikipedia (English version).


