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Pierre-Adrien Dalpayrat, né à Limoges en 1844 et mort en 1910, est l'un des grands céramistes du renouveau de la céramique de grès en France à la fin du XIXe siècle. Après des années passées dans des faïenceries du sud de la France, il ouvre en 1889 son propre atelier à Bourg-la-Reine, près de Paris, où il met au point un rouge de cuivre profond, le « rouge Dalpayrat », voisin du sang de bœuf chinois. Récompensé aux Expositions universelles de 1893 et de 1900, il est aujourd'hui représenté au musée d'Orsay, au Victoria and Albert Museum et dans de nombreuses collections françaises.

Formation et années de voyage

Dalpayrat naît à Limoges, capitale de la porcelaine. À partir de 1859, il fréquente l'école de dessin, puis l'école pratique de peinture sur porcelaine de la ville. Sa carrière commence comme celle de nombreux artisans-céramistes du temps, de manufacture en manufacture. Il travaille à Bordeaux à la faïencerie Jules Vieillard et Cie, où il épouse Marie Tallerie, puis chez Léon Sazerat à Limoges en 1873, aux faïenceries Ashwin à Valentine (Haute-Garonne) en 1874, chez Fouquet à Toulouse vers 1875, enfin à Monaco, à la fabrique de François Blanc (en 1876 ou en 1878 selon les sources). Il revient à Limoges chez Sazerat après 1887.

Bourg-la-Reine (1889-1906)

En 1889, Dalpayrat ouvre sa propre faïencerie à Bourg-la-Reine, dans l'actuelle avenue du Général-Leclerc. Son épouse et ses fils Albert, Adolphe, Hippolyte et Paul travaillent avec lui. L'atelier produit à la fois des pièces uniques et des grès artistiques à prix accessibles, et alterne grès flammés et faïences plus classiques en raison de difficultés financières récurrentes.

Dalpayrat s'impose par sa maîtrise du grès et des cuissons. Son rouge est obtenu avec de l'oxyde de cuivre, par le contrôle de l'atmosphère, de la durée et de la température de cuisson. Selon les proportions et la conduite du four, la glaçure donne un rouge sang, mais aussi des verts mousse, des ambres et des gris plombés. Cette palette, inspirée du sang de bœuf chinois et du japonisme, fait sa réputation internationale ; le Victoria and Albert Museum conserve un vase de 1896 en grès à glaçure rouge flammée.

Collaborations

Le sculpteur symboliste Alphonse Voisin-Delacroix (1857-1893) modèle des figures pour ses vases, dans le cadre d'un contrat conclu en 1892, que sa mort prématurée interrompt. Adèle Lesbros est l'associée de Dalpayrat : elle le soutient financièrement et travaille avec lui, sous la signature « Dalpayrat et Lesbros », à partir d'environ 1894 et jusqu'en 1901 ou 1905 selon les sources. Ensemble, ils réalisent La Cheminée, grande cheminée en grès de 1893-1894 conservée au musée d'Orsay.

Certaines pièces reçoivent des montures de bronze doré ou d'orfèvrerie, réalisées par des maisons parisiennes comme celle des joailliers Ernest Cardeilhac et Keller.

Expositions et distinctions

En 1892, une exposition à la galerie Georges Petit rencontre un grand succès. Dalpayrat reçoit des médailles à l'Exposition universelle de Chicago en 1893 (bronze ou or selon les sources), puis une médaille d'or à l'Exposition universelle de Paris en 1900. Il est fait chevalier de la Légion d'honneur en 1900 selon certaines sources.

Les dernières années

L'entreprise ferme en 1906, faute d'équilibre financier. Dalpayrat se retire à Limoges ; il meurt en 1910 (à Paris selon le musée d'Orsay, à Limoges selon d'autres sources). Son fils Adolphe (1871-1934) poursuit l'œuvre paternelle à Bagneux à partir de 1909.

Dalpayrat dans les collections

Le musée d'Orsay conserve notamment La Cheminée (1893-1894), une jardinière Crabe dans une vague, dite « La mer » (1896), plusieurs vases et un buste de jeune femme (1893). On trouve aussi ses œuvres au musée des Arts décoratifs, au Petit Palais, au musée Adrien-Dubouché de Limoges, à Sèvres, à Douai, au Victoria and Albert Museum et au Metropolitan Museum de New York. À Bourg-la-Reine, sa maison et son atelier abritent aujourd'hui un musée qui lui est consacré, avec plus de cent vingt pièces. Un jardin parisien porte son nom depuis 1985, et un timbre de 1994 représente l'une de ses théières en grès.

À voir également

Jules Vieillard et Cie, Bordeaux — La manufacture de Longwy — L'Art nouveau — L'Exposition Universelle de 1900

Voir nos céramiques, faïences et porcelaines


Bibliographie

Institutional sources

Musée d'Orsay, Paris, entry "Adrien Dalpayrat (1844-1910)", catalogue of artists and personalities; works: La Cheminée (1893-1894), Jardinière: Crab in a Wave, known as "La mer" (1896).

Victoria and Albert Museum, London, Vase, stoneware with red flambé glaze, Bourg-la-Reine, 1896, inv. 497-1896.

Online resources

"Pierre-Adrien Dalpayrat", Wikipedia (French and English versions).

Galerie Origines, booklet "Dalpayrat", galerieorigines.com.

Pierre-Adrien Dalpayrat, vase en gres a glacure rouge flammee, Bourg-la-Reine, vers 1896
Dalpayrat et Lesbros, La Cheminee, 1893-1894 (musee d'Orsay).
Dalpayrat, jardiniere « Crabe dans une vague », 1896 (Orsay).
Dalpayrat, vase jaune et rouge, vers 1900.
Cachet ou signature au revers d'une piece.